Que faire à Saint-François : le panorama des sites
Pointe des Châteaux, marina, lagon, golf, village artisanal, port de pêche : Saint-François concentre sur une seule commune des sites qui n'ont ni le même usage ni le même public. Voici comment les situer les uns par rapport aux autres, et dans quel ordre les enchaîner sans courir.
Une commune qui termine la Grande-Terre
Saint-François occupe l'extrémité sud-est de la Grande-Terre et s'étend jusqu'à la pointe des Châteaux, la péninsule qui avance dans l'Atlantique. La commune se situe à une vingtaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre et à une dizaine de Sainte-Anne, ce qui en fait une base commode pour rayonner sur l'est de l'île.
Sa géographie explique l'essentiel de son offre : une barrière de corail protège une partie du littoral et forme un lagon calme, tandis que plus à l'est les falaises prennent le relais et la mer devient océanique. Deux Saint-François cohabitent donc, celui des baignades familiales et celui des sites battus par la houle.
Le bourg s'organise autour de trois pôles proches : la marina, le port de pêche et le centre commerçant. On passe de l'un à l'autre à pied, ce qui distingue la commune d'une station étalée où tout exige une voiture. Pour la pointe des Châteaux, en revanche, le véhicule reste indispensable.
La pointe des Châteaux, le site le plus visité
À onze kilomètres du bourg par la route départementale 118, la pointe des Châteaux est présentée par l'office de tourisme comme le site le plus visité de Guadeloupe, avec près de cinq cent mille visiteurs par an. Son classement en Grand Site de France signale l'importance du lieu autant que sa fragilité.
Le site se parcourt à pied depuis un parking gratuit aménagé au bout de la route. Un sentier balisé monte jusqu'à la grande croix en une quinzaine de minutes ; la croix actuelle, installée en 2002, mesure dix mètres de haut. Du sommet, le regard porte sur La Désirade à l'est, Petite-Terre au sud-est, Marie-Galante et l'archipel des Saintes au sud.
Deux précautions gâchent moins la visite qu'elles ne la sauvent : l'absence d'ombre, qui rend le milieu de journée pénible, et les consignes de baignade. La baignade est déconseillée à la pointe elle-même, à cause des courants et des rochers ; les plages voisines, comme celle des Salines protégée par un récif, sont là pour cela.
La marina, cœur de la ville
La marina est le point de rendez-vous du bourg : pontons, voiliers, capitainerie, restaurants et boutiques se touchent. C'est aussi le lieu de départ de nombreuses sorties en mer, vers Petite-Terre ou pour la pêche au large, et le point où l'on vient marcher en fin de journée.
Le port de plaisance a pris la suite d'un port de pêche, et l'activité n'a pas disparu : les barques colorées et les cases en bois du secteur rappellent l'origine du village, avec des ventes directes de poisson. Cette proximité entre pontons de plaisance et pêche professionnelle donne au lieu sa physionomie particulière.
Pour un visiteur, la marina remplit trois fonctions : se restaurer, s'informer sur les excursions, et servir de point de repère. C'est également de là que se lit le mieux la géographie de la commune, avec la pointe des Châteaux en ligne d'horizon à l'est.
Les plages : du lagon aux anses atlantiques
La plage des Raisins Clairs, en bord de bourg, est la plus connue : sable blond, eaux peu profondes, raisiniers en bordure pour l'ombre. Elle convient aux familles et aux baignades sans courant, avec une fréquentation qui suit les heures de la journée.
Plus à l'est, la plage des Salines s'étend sur environ un kilomètre, protégée par un récif corallien, et s'atteint à pied depuis le parking de la pointe des Châteaux. L'anse à la Gourde, plus au sud, offre un cadre abrité pour un pique-nique ; l'anse Tarare, plus discrète, se mérite par un chemin.
Les mêmes alizés qui rendent le lagon agréable font de la côte un spot de glisse réputé : kitesurf et windsurf se pratiquent sur les plages exposées, avec des écoles sur place. Chaque plage a donc son usage, et le choix dépend surtout du vent du jour et de la présence d'enfants.
Le golf international, dix-huit trous face au lagon
Le golf de Saint-François est un parcours de dix-huit trous dessiné par Robert Trent Jones, installé entre cocotiers, plans d'eau et vue sur le lagon. L'office de tourisme le présente comme l'un des équipements structurants de la commune, aux côtés de la marina et de l'aérodrome.
Le club-house est ouvert aux visiteurs qui ne jouent pas, ce qui permet d'y passer pour le cadre plutôt que pour le sport. Pour jouer, la réservation auprès du golf reste la seule façon de connaître les départs disponibles et les conditions du jour : aucune grille tarifaire stable ne peut être reprise ici.
L'aérodrome voisin complète l'équipement : il accueille de petits appareils et des vols de découverte au-dessus de la pointe des Châteaux et de Petite-Terre. Ces activités se réservent directement auprès des opérateurs et dépendent de la météo du jour.
La Rotonde, le marché et l'artisanat
Autour de l'ancien marché circulaire, la Rotonde rassemble un village artisanal : bijoux, tissages, poteries, savons. C'est l'endroit où l'on trouve de l'artisanat local en un seul lieu, plutôt que dispersé dans les boutiques du bourg, et où l'on peut parler avec les créateurs.
Le marché nocturne du mardi soir, sur l'avenue de l'Europe, tient une place à part dans la semaine communale : il mêle produits, restauration et animation, avec une fréquentation qui n'a rien à voir avec celle des autres soirs. Les jours et les emplacements se vérifient auprès de la commune avant de s'y rendre.
Les amateurs de produits frais trouvent aussi leur compte dans les commerces du bourg et au port de pêche, où le poisson arrive du jour. La cuisine locale, ici, ne se limite pas aux cartes des restaurants de la marina : elle commence chez les pêcheurs.
Petite-Terre et La Désirade : les départs du port
Saint-François est le port de l'est de la Guadeloupe, et cela se voit dans l'offre d'excursions. Vers Petite-Terre, les îlets classés réserve naturelle se visitent en bateau, dans un cadre encadré : lagons, fonds coralliens, iguanes des Petites Antilles, avec des règles de fréquentation liées à la protection du site.
Vers La Désirade, la liaison régulière part de la gare maritime, pour une traversée d'environ quarante-cinq minutes. Les deux destinations n'ont pas le même régime : l'une se visite en excursion organisée, l'autre se rejoint par une ligne de passagers et se parcourt librement.
Pour un séjour de quelques jours, cette double possibilité est un avantage : une journée peut se passer sur l'eau sans renoncer au reste de la commune. Il faut simplement réserver à l'avance en saison, et vérifier la veille les horaires et les conditions de mer.
Composer sa journée sans courir
Un ordre simple fonctionne bien : la pointe des Châteaux tôt le matin, quand la lumière est franche et le parking libre, puis une plage du lagon aux heures chaudes, et la marina en fin d'après-midi. Cela évite de cumuler la marche sans ombre et la baignade au moment où le soleil tape le plus fort.
Il faut prévoir de l'eau, des chaussures fermées pour les sentiers rocheux, une protection solaire et un coupe-vent : le site de la pointe est exposé, et la différence de température ressentie entre le bourg et les falaises surprend. Les jours de houle, les anses exposées se contemplent depuis le sentier plutôt que depuis l'eau.
Enfin, la question du transport décide du programme. Sans voiture, on reste dans le bourg, à la marina et sur les plages accessibles à pied ; avec une voiture, la pointe, le golf et les anses de l'est entrent dans la même journée. Les transports en commun desservent peu la zone du cap, ce que confirme l'office de tourisme.